Ce morceau me poursuit depuis qu'un jour, la recherche de la meilleure configuration ampli enceinte a laissé tomber, comme par hasard, cette galette sur ma platine. Séduction immédiate, coup de foudre, poils qui s'hérissent et chair de poule, émoi qui ne c'est jamais démenti et que la découverte, encore accidentelle, de ce somptueux «Nueve versiones del Lamento de la Ninfa», sorti chez PMSAL en 2001, vient encore raviver. Quel bonheur ! Quelle émotion !
Les voix et les instruments, hors du temps, hors de tout age, or du tant. Tout commence avec la lente force pleine, des voix masculines. Et ce texte introduisant le répond de la cantatrice. La diva répond et son interprétation transcende. Les niveaux de sensations et d'interprétations se mêlent, le jeu des instruments, ces chœurs virils qui soulèvent la plainte de la nymphe. La poussant à dévoiler toute la violence de la souffrance que sa pureté exacerbe, fragile, en grains sensibles d'une douceur confondante de puissance, dans la montée du lamento. Charnelle, voluptueuse et sensuelle à morir.
L'émotion. Il n'est pas impossible que la recherche de l'émotion soit une des principales raisons et plaisir de vivre. L'émotion revêt une infinité de formes et se dévoile le plus souvent par surprise. De la douceur des cuisses d'une amante en quête d'absolu, au détour des notes qu'offre un musicien de rue, de la peinture que la nature donne à la vue. L'émotion transperce et transcende, elle fait ressentir plus intensément et profondément une sensation universelle d'humanité, un tremblement de l'âme, fin et précieux, ultime. Elle donne envie de vivre.


1. Le dimanche 8 juin 2008 à 22:20, par Pascal
Comment rester insensible à cet ultime raffinement de la musique Baroque interprété magistralement , qui éveil nos vibrations les plus enfouies et nous apprend que nos oreilles et notre cœur peuvent s'ouvrir et se sublimer sur une œuvre exceptionnelle de 360 ans age!
2. Le samedi 5 septembre 2009 à 18:59, par nadejda 3
J'ai découvert ce morceau de Monteverdi il y a quelques mois. J'ai de bonnes notions en musique classique et j'avoue un faible pour les lentes montées chromatiques baroques, mais là...en entendant ce bijou, j'ai eu l'orgasme musical de ma vie. J'espère un jour pouvoir découvrir mieux.
Je conseille un opus de Vivaldi à ceux qui ont aimé ce Lamento: le Nisi Dominus, oeuvre religieuse méconnue, chantée par une voix alto soutenue par un orchestre de corde. Le "mouvement" lent touche au sublime.
On trouve chez Vivaldi des trésors de beauté, surtout dans sa musique religieuse. En outre, plus j'écoute les célébrissimes "4 saisons" et plus je pense qu'on ne lui rend pas assez hommage.
Ciao!
3. Le mardi 27 octobre 2009 à 17:12, par pougny
Je souhaiterais trouver ce CD, mais je n'arrive ni a trouver l'editeur PMSAL
ni le titre complet "Nueve versiones del c»
bien sur on trouve plein de references a Lamento de la Ninfa»
mais pas le votre.
pouvez vous m'aider, repondez par courriel. merci
4. Le dimanche 17 janvier 2010 à 17:51, par Michaël (Forest)
Tout à fait d'accord avec Nadejda concernant le fait qu'on ne rende pas assez hommage au génie Vivaldi. Petit Bémol par contre: à titre personnel, je ne peux plus entendre les 4 saisons reprises dans mille et une productions scéniques ou cinématographiques plus ou moins minables, comme la tarentelle napolitaine me fait penser à Buitoni.
Oui oui oui au "Nisi Dominus" et en particulier au "Cum dederit" d'une douceur exquise.
Quand à Monteverdi, il "sent" à la fois la renaissance, le baroque, la musique créole (au sens espagnol du terme) latinoaméricaine.
Pour les amateurs, je recommande le Teatro d'Amore de l'Arpeggiata, dirigée par Christina Pluhar et en particulier l'air "si dolce 'l tormento" interprété par Philippe Jaroussky.