Ça fait partie des expériences pénibles que la vie me réserve régulièrement, me prenant toujours par surprise au moment ou je baisse ma garde et que je me sens pleinement en confiance, sans défense et encore endormi. En pleine nuit les yeux gonflés de sommeil et l'esprit encore dans un rêve, je me meus péniblement vers les toilettes afin de soulager un petit besoin, dans l'espoir de reprendre rapidement et paisiblement le cours de ma nuit et le fil de mes rêveries ...
Titubant donc dans la pénombre je m’assois sur la lunette pour ne pas prendre le risque d'en mettre partout (attention fort raisonnable et honorable vous en conviendrez), et c'est la que je déteste vraiment faire trempette de ma virilité dans cette cuvette toujours à moitié remplie d'eau ... Ça fait un réveil brutal et très pénible que j’agrémente d'un ''et merde'' désolé et excédé. Car si en Europe l'eau est particulièrement basse, ici la cuvette est toujours bien remplie sans doute pour exprimer la profusion, c'est certainement l'explication logique de la disparition des bidets d’Amérique du nord. Dans ces instants délicats et intimes, bien réveillé et alors que je me rafraîchi la chose dans l’évier, y allant jusqu’à user de savon antibactérien malgré la sensibilité de l'endroit, je me dis qu'il va probablement être long de retrouver le sommeil. Je me maudis de ne pas avoir eu en cet instant de faiblesse le réflexe de me soutenir en protection, ce que je fais en général pour survivre à cet aspect de la culture canadienne.
Être homme c'est parfois de faire preuve de bien du courage
^^ et d'adaptation.

1. Le lundi 29 août 2011 à 10:45, par atomium
il y a dix ans un jeune canadien a passé six mois chez nous et prenait trois douches savonnées par jour. Evidemment il a passé une bonne partie de son séjour avec une grippe ou au moins un gros rhume. J'avais beau lui expliquer qu'enlever la couche de protection antibactérie et antivirale de la peau était peu judicieux et que les ambulanciers sont invités à ne pas prendre de douche durant leur service, pour éviter les contagions.